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Comptes rendus rédigés par Dr Ben Esdaile (Dermatologue, Royaume-Uni), Dr Hélène Veillette (Dermatologue, Québec), Pr Jihee Kim (Dermatologue, Corée du Sud), Dr Joël Claveau (Dermatologue, Québec) et Pr Brigitte Dréno (Dermatologue, France)
Orateurs : Linda Stein Gold, Darrell Rigel, Jerry Shapiro, Pearl Grimes, Mark Lebwohl, Antonella Tosti, Lawrence Eichenfield et Henry Lim
Compte rendu rédigé par Dr Ben Esdaile
La première intervenante, Linda Stein Gold, de Detroit, a abordé les nouveaux traitements pour l’acné et la rosacée. En ce qui concerne les nouveaux agents topiques pour l’acné, elle a parlé de certains résultats passionnants avec une formulation capable d’associer la trétinoïne et le peroxyde de benzoyle en utilisant de la trétinoïne micro-encapsulée (normalement, le POB inactive la trétinoïne). Les études semblent montrer qu’une application quotidienne unique est efficace et bien tolérée. Un nouvel inhibiteur des récepteurs aux androgènes, la clascotérone, semble donner des résultats prometteurs, notamment une diminution de la production de sébum. Elle a également présenté une étude montrant les avantages potentiels d’une trithérapie (clindamycine, peroxyde de benzoyle et adapalène) qui semble supérieure à une bithérapie. Elle a parlé d’une nouvelle tétracycline (sarécycline) qui semble être efficace et réduire la résistance aux antibiotiques. Dans la rosacée, les mastocytes semblent jouer un rôle, il pourrait donc y avoir une place pour des stabilisateurs de mastocytes topiques et oraux dans le traitement. Des études sur la minocycline topique sous forme de mousse montrent d’excellentes réponses à 12 semaines avec des effets secondaires minimes, ainsi que des résultats prometteurs avec la minocycline à faible dose. Enfin, elle a présenté des résultats intéressants avec le peroxyde de benzyle à 5 % dans la rosacée lorsqu’il est encapsulé, avec une efficacité de près de 50 % et une tolérance surprenante.
Darrell Rigel, de New York, a parlé des nouveaux traitements pour le cancer de la peau. En ce qui concerne les kératoses actiniques, il a évoqué les avantages de la tirbanibuline en pommade, dont les effets secondaires sont moindres. Il a parlé d’un article montrant que la douleur liée à la thérapie photodynamique (TPD) conventionnelle peut être réduite en plaçant immédiatement les patients sous la lampe au lieu d’attendre. La douleur diminue sans perte d’efficacité. Il a mentionné la L-carinitine pour aider à réduire les crampes musculaires comme effet indésirable des inhibiteurs de la voie Hedgehog dans le carcinome basocellulaire avancé. Il a également souligné l’efficacité de la nicotanimide à une dose de 500 mg deux fois par jour pour aider à réduire l’apparition de cancers de la peau autres que mélanome chez les personnes à risque. Il a terminé son intervention par une mise à jour sur la valeur prédictive d’une biopsie du ganglion lymphatique sentinelle positive et a souligné l’absence de bénéfice de la réalisation d’un curage ganglionnaire chez les personnes dont les résultats sont positifs. Il a présenté quelques études intéressantes sur la thérapie par lymphocytes infiltrant les tumeurs dans le mélanome métastatique, ainsi que plusieurs études semblant montrer que le propranolol a l’air d’améliorer la survie dans le mélanome métastatique.
Jerry Shapiro, de New York, a fait le point sur quelques nouveaux traitements topiques fascinants pour l’alopécie androgénique, notamment la solution de clascotérone 2,5 %–7,5 % deux fois par jour, le spray topique de finastéride 0,25 %, qui présente l’avantage potentiel d’éviter les effets secondaires sexuels systémiques, et le spray topique de valproate 8,3 %. Ces produits peuvent également être associés au minoxidil topique (3 %). Il a également parlé de la mésothérapie avec des micro-injections de dutastéride (tous les 3 mois) et de minoxidil (toutes les 1 à 2 semaines) dont les effets indésirables sont limités par rapport aux alternatives orales.
Il a discuté du rôle adjuvant du minoxidil oral dans la pelade, en particulier en association avec les inhibiteurs de JAK. Il a également évoqué l’utilisation potentielle de la metformine 10 % en crème dans les alopécies cicatricielles (telles que l’alopécie cicatricielle centrifuge centrale).
Pearl Grimes, de Los Angeles, a fait le point sur les traitements pigmentaires. Elle a souligné l’approche multimodale de la prise en charge du mélasma avec un certain nombre d’agents. Elle a souligné l’importance vitale d’une bonne photoprotection, en particulier contre la lumière visible, avec de l’oxyde de fer et/ou du dioxyde de titane teintés. Elle a souligné l’importance des antioxydants, notamment la niacinamide et l’extrait de pépins de raisin, ainsi que des agents autres que l’hydroquinone, notamment la cystéamine, le thiamidol, l’acide tranexamique et la malassézine. Elle a également évoqué le rôle potentiel des inhibiteurs des mastocytes et le fait que 50 % des patients peuvent présenter un mélasma vasculaire et pourraient tirer un bénéfice du laser vasculaire, de l’acide tranexamique ou des antihistaminiques H1 et H2. Elle a ensuite présenté de nouvelles données passionnantes sur le rôle des inhibiteurs de JAK topiques dans le vitiligo avec des études de phase 3 sur le ruxolitinib. Elle a montré que ce médicament était également utilisé efficacement en association avec la photothérapie UVB.
Mark Lebwohl, de New York, a parlé des nouvelles options de traitement du psoriasis. Il a montré qu’une perfusion d’un inhibiteur de l’IL-36, le spésolimab, peut contrôler très rapidement un psoriasis pustuleux généralisé sévère. Il a présenté les résultats d’une étude sur le bimékizumab (inhibiteur de l’Il-17) pour le psoriasis en plaques chronique, qui s’est avéré extrêmement efficace, près de 60 % des patients ayant obtenu un score PASI 100 en 16 semaines. Il a montré des résultats prometteurs avec un inhibiteur de JAK oral (inhibiteur de TYK2), le deucravacitinib, ainsi qu’avec des inhibiteurs topiques de la PDE4.
Antonella Tosti, de Miami, a parlé des nouveautés en matière de traitement des ongles. Le minoxidil peut potentiellement augmenter la croissance des ongles en améliorant le flux sanguin. Elle a présenté les données d’une étude sur le minoxidil oral à faible dose utilisé dans le traitement de la perte de cheveux, dans laquelle les patients étaient interrogés sur leurs ongles. Elle a suggéré qu’une dose de 1,25 mg de minoxidil oral pourrait être utile pour les patients ayant des ongles cassants ou fongiques. Elle a également montré que les JAK oraux utilisés pour traiter la pelade semblent également entraîner une amélioration potentielle du psoriasis unguéal et du lichen plan unguéal. Elle a ensuite attiré notre attention sur le rôle possible de la vaccination contre le papillomavirus humain dans les verrues péri-unguéales récalcitrantes et sur le bénéfice potentiel des injections de toxine botulique dans les mains pour le syndrome des ongles jaunes. Elle a recommandé l’utilisation de timolol topique à 0,5 % pour les granulomes pyogéniques péri-unguéaux et a enfin souligné qu’il était conseillé aux patients qui prennent des suppléments de biotine pour les cheveux et les ongles d’arrêter la supplémentation une semaine avant toute analyse de sang car cela peut interférer avec certains des résultats.
Lawrence Eichenfield, de San Diego, a fait le point sur les nouveaux traitements en dermatologie pédiatrique. Il a mis en avant les résultats d’essais sur l’efficacité des agents topiques non stéroïdiens dans la dermatite atopique avec la crème topique ruxolitinib 1 % (inhibiteur de JAK) ainsi que la crème roflumilast 0,15 % (inhibiteur de la PDE-4), la crème topinarof 1 % (agoniste d’AhR) et la pommade crisaborole 2 % (inhibiteur de la PDE-4). En ce qui concerne les médicaments systémiques, le dupilumab est désormais autorisé jusqu’à l’âge de 6 mois dans la dermatite atopique, tandis que d’autres médicaments systémiques, dont l’upadacitinib, l’abrocitinib et le tralokinumab, sont disponibles pour les adolescents.
Henry Lim, de Detroit, a conclu la session en faisant le point sur la photoprotection.
Il a commencé par souligner le débat actuel sur les potentiels effets environnementaux des filtres UV organiques sur les récifs coralliens. Le rapport des Académies nationales souligne que des études supplémentaires doivent être réalisées, mais qu’il existe des risques potentiels pour les personnes qui ne se protègent pas correctement la peau, ainsi que des données indiquant que de faibles doses de filtres UV peuvent être dommageables pour les récifs coralliens. Les concentrations mesurées lors des essais peuvent toutefois être supérieures à celles que l’on trouve dans la nature.
Il a abordé les nouveaux développements en matière de protection solaire avec quelques nouveaux filtres organiques contre les UVA longs : le Mexoryl 400 (UVA longs) et TriAsorB (UVA longs). Il a souligné que de nombreux filtres organiques actuels offrent une protection limitée contre la lumière visible et les UVA longs et que nous dépendons toujours des écrans solaires teintés contenant de l’oxyde de fer et de l’oxyde de titane. Il a évoqué le rôle potentiel des antioxydants dans les écrans solaires pour protéger contre les dommages causés par les radicaux libres et, enfin, il a parlé de l’avenir d’une photoprotection plus personnalisée avec des besoins différents selon les types de peau en ce qui concerne la protection contre les UVA, les UVB et la lumière visible à haute énergie.
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