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Coup d'œil du congrès INFOGYN 2026
Coup d'œil du congrès INFOGYN 2026
Compte rendu rédigé par le Nicolas DUTRIAUX, sage-femme libérale (Orthez).
Sujets liés
100 %
Dans les résultats préliminaires de l’étude Péri2M présentés au congrès, 100 % des 18 femmes suivies pour arrêts naturels de grossesse répétés présentaient une parodontite chronique, parfois asymptomatique, soulignant l’intérêt d’évaluer la santé bucco-dentaire.
donnée préliminaire portant sur un effectif de 18 femmes ; ce caractère exploratoire doit rester visible dans la formulation
Intervenants : E. MERCIER (Institut IPSOS) ; B. LETOMBE (gynécologue médicale et sexologue, Paris) ; J.-M. BOHBOT (infectiologue, Institut Fournier, Paris)
Article rédigé par Nicolas DUTRIAUX, sage-femme libérale (Orthez).
Intro
Microbiote, hydratation, hygiène et environnement hormonal participent à l’équilibre vulvo-vaginal. La session rappelle les conseils pratiques à transmettre et les leviers à mobiliser face aux récidives de vaginoses, mycoses et au SGUM.
Pour en savoir plus (lien sur le reste de l’article)
Après la présentation des derniers résultats d’une enquête internationale auprès des femmes sur leur connaissance quant à leur microbiote vaginal, les deux autres orateurs ont présenté les dernières données à connaître sur le microbiote et son environnement favorable pour mieux comprendre les déséquilibres et donc apporter une réponse argumentée aux problématiques de récidives des vaginoses et mycoses vaginales.
Depuis 4 ans, l’Observatoire International des Microbiotes demande à l’Institut IPSOS de réaliser une enquête internationale auprès des femmes sur leur connaissance du microbiote vaginal. La première enquête datait de 2023 et avait été réalisée dans 6 pays, puis en 2024, dans 9 et enfin, cette dernière mouture dans 11 pays en février et mars 2026. Il en ressort que 56% des femmes ont déjà entendu parler du microbiote vaginal mais moins d’un quart d’entre elles savent de quoi il s’agit, notamment son rôle dans l’autoprotection et l’autonettoyage du vagin. Un tiers des femmes interrogées ne savent pas que les antibiotiques ont un impact sur leur microbiote, ni même que celui est évolutif tout au long du cycle et de la vie. Les études répétées montrent une régression de l’information comme l’impact du tabagisme sur l’environnement vaginal. Il est ici pointé le rôle insuffisamment porté par les professionnels de santé sur un sujet encore considéré comme tabou et difficile à aborder spontanément par les femmes. Seulement 3 femmes sur 10 (1 Française sur 5) ont reçu des informations au moins une fois par un effecteur de soins sur pourquoi et comment préserver son microbiote vaginal. L’information complète regroupe l’hygiène (privilégier les sous-vêtements en coton, pas de douche interne – encore réalisée par plus d’une femme sur deux dans le monde, dormir sans sous-vêtement, ne pas laver plus de 2 fois par jour – une fois étant généralement suffisant), les produits à utiliser et à éviter (influence négative des cosmétiques, ne pas utiliser de déodorant sur la vulve), l’influence de l’activité sexuelle et des cycles hormonaux et de la ménopause, … Les sources d’informations comme les réseaux sociaux, blogs et autres influenceuses conduisent plutôt à une baisse des comportements favorables.
Les publications scientifiques confirment les données de cette enquête d’opinion. La situation la plus étudiée, au-delà du microbiote, concerne le syndrome génito-urinaire de la ménopause ou SGUM apparaissant lors du processus de ménopause (jusqu’à 50% des femmes ménopausées). Le sujet reste tabou malgré ses symptômes perturbant l’intimité quotidienne, le confort et la sexualité (2/3 des femmes aimeraient en parler mais ne le font pas considérant cette situation comme une fatalité liée au vieillissement, moins de 6% de femmes traitées par THM général ou local) : sécheresse, brûlure, irritation, démangeaison, incontinence urinaire et autres dysuries, dyspareunie ou toute altération de la fonction sexuelle, … Le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) et le Groupe d'Étude sur la Ménopause et le Vieillissement (GEMVI) rappellent pourtant qu’un seul symptôme suffit à poser le diagnostic de SGUM dans toutes les situations d’hypoœstrogénie acquise ou iatrogène (ménopause, allaitement, insuffisance ovarienne, traitement inhibiteur de l’aromatase ou toute médication source d’une ménopause artificielle) et donc la nécessité de proposer un traitement. Il ne faut pas confondre et bien faire différencier aux femmes l’hydratation vulvovaginale (état trophique de la peau de la vulve et du transsudat vaginal et des leucorrhées) et la lubrification sexuelle (cyprine produite par les glandes de Skene et de Bartholin et majoration du transsudat vaginal lors de l’excitation sexuelle).
Le premier traitement devant ces inconforts est un hydratant vulvovaginal (acide hyaluronique, vitamine E, Aloe Vera, …) qui doit précéder d’au moins trois semaines toute adjonction d’un traitement œstrogénique local (le traitement substitutif courant n’a que peu d’impact sur le SGUM), éventuellement associés à des probiotiques vulvaires ou oraux (les présentations vaginales n’ayant plus le droit d’être commercialisées, ne persistent que des prébiotiques ou post biotiques en ovules ou en crème vaginaux), les lubrifiants sexuels, et ce au long cours. Les œstrogènes locaux, quelle que soit leur galénique sont sans risque cardiovasculaire ni carcinologique démontré de manière formelle ; cependant les brochures et résumés de caractéristiques des produits conservent malgré tout cette information erronée. La préparation initiale par hydratant avant leur recours réduit le passage systémique. En cas de prescription chez les femmes en cours de traitement par inhibiteur de l’aromatase, en rémission de cancer du sein ou pour une autre cause oncologique à dépendance hormonale, un avis de l’oncologue est préconisé.
Le microbiote vaginal se forme à partir d’une translocation progressive sous forme d’un microbiote de transition entre le microbiote ano-rectal et le microbiote vulvaire (24% seront proches du microbiote cutané, 22% proches du microbiote vaginal, 53% un melting-pot), au carrefour entre peau et vagin et anus. Le Gardnerella vaginalis est présent sur la vulve en cas d’insuffisance de lactobacilles comme dans le vagin dont L. crispatus reste le reflet le plus pertinent de bonne santé vulvovaginale. Le lien entre microbiote vulvaire et pathologies vulvaires comme la vulvodynie et le lichen scléreux atrophique ne vont pas de soi par les données contradictoires sur le sujet. Un environnement vaginal sain au pH acide empêche naturellement le développement des germes pathogènes. La vulve est une zone de peau composée de sites sébacés, de sites secs et de sites humides. Comme le reste du corps, son hydratation est principalement intérieure de 70 à 15% d’eau du plus profond au plus proche de l’épiderme. La trophicité assure le rôle de barrière et de plasticité complété par un film hydrolipidique dont l’altération entraînera la sensation de sécheresse et impactera la population bactérienne et sa progression, notamment des Lactobacilles, « comme sur un tapis roulant ». Sur cette zone, la peau comme le film hydrolipidique sont soumis aux mêmes influences œstrogéniques que le vagin.
L’hygiène de la zone impose le recours à une base lavante sans savon (déshydratant) mais pas uniquement à l’eau (qui ne lave pas ! et qui déshydrate !) pour se débarrasser des débris cellulaires, des résidus externes urinaires et fécaux, des sécrétions macérées etc. Le traitement de l’incontinence urinaire, dont la base est la rééducation périnéale, est indispensable pour réduire cette macération. Le pH de la zone varie naturellement de 4 à 7, les arguments des savons intimes de type « pH naturel », « pH physiologique » ou autres ne sont donc que marketing et n’ont aucun intérêt dans le choix d’une base. Il faut éviter une utilisation au long cours des bases lavantes intégrant des antiseptiques (chlorhexidine, huile essentielle de thym ou autre). En revanche, les produits lipidiant et huile lavante ont un intérêt majeur.
Les épilations intégrales ou trop fréquentes impactent la production de sébum et donc le film hydrolipidique favorable à la bonne migration des Lactobacilles de l’anus vers le vagin. Il est préférable de maintenir des poils à proximité du vestibule pour réduire le risque infectieux, de manière démontrée également contre le HPV et les IST. Il est aussi rappelé que les probiotiques n’ont pas d’intérêt sans une préparation locale œstrogénique, elle-même précédée d’une hydratation – particulièrement en période de ménopause. Sans œstrogène, les Lactobacilles ne pourront pas coloniser le vagin !
Et pour finir, il est aussi rappelé que la bonne santé vaginale commence par une bonne santé bucco-dentaire et intestinale. L’avis d’un chirurgien-dentiste dans les cas de vaginose ou mycose récidivantes peut donc avoir son intérêt, tout comme l’arrêt du tabac, la prise en compte des situations de surpoids et d’obésité. La lutte contre l’antibiorésistance (en réduisant leur prescription) et la mycorésistance (Candida glabrata est naturellement résistant aux imidazolés y compris per os comme le fluconazole tout comme certains C. albicans – y penser dans les cas de récidives en proposant un traitement par de la Nystatine) sont aussi des leviers.
Messages clés
▪ Préserver l’hydratation et le film hydrolipidique vulvo-vaginal est un préalable essentiel, notamment avant l’introduction d’un traitement œstrogénique local.
▪ L’information des femmes doit porter sur l’hygiène, les produits utilisés, les effets des antibiotiques, du tabac, de la sexualité et des variations hormonales sur le microbiote.
▪ Les œstrogènes locaux peuvent être envisagés dans le SGUM ; en contexte oncologique hormono-dépendant, la décision doit être discutée avec l’oncologue référent.
1
Question sur 2
a) Reprendre le fluconazole à l’identique
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — Réévaluer l’espèce en cause et envisager une alternative telle que la nystatine
b) Utiliser systématiquement une base lavante antiseptique
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — Réévaluer l’espèce en cause et envisager une alternative telle que la nystatine
c) Réévaluer l’espèce en cause et envisager une alternative telle que la nystatine
c) Réévaluer l’espèce en cause et envisager une alternative telle que la nystatine
Félicitations !
d) Arrêter toute hydratation locale
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — Réévaluer l’espèce en cause et envisager une alternative telle que la nystatine
a) Antibiothérapie orale seule
Mauvaise réponses
Bonne réponse : B — Antibiothérapie locale puis hydratation vaginale avant un œstrogène local.
b) Antibiothérapie locale puis hydratation vaginale avant un œstrogène local
b) Antibiothérapie locale puis hydratation vaginale avant un œstrogène local
Bonne réponse : B — Antibiothérapie locale puis hydratation vaginale avant un œstrogène local.
c) Probiotiques seuls en première intention
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Antibiothérapie locale puis hydratation vaginale avant un œstrogène local.
d) Aucun traitement local si un THM général est déjà prescrit
Mauvaise réponses
Bonne réponse : B — Antibiothérapie locale puis hydratation vaginale avant un œstrogène local.
Intervenants : V. BERNARD (gynécologie médicale et endocrinologie, CHU de Bordeaux) ; F. BALLANGER DESOLNEUX (dermatologue, Bordeaux)
Article rédigé par Nicolas DUTRIAUX, sage-femme libérale (Orthez).
Intro
De l’adolescence à la ménopause, l’acné évolue avec le contexte hormonal, les habitudes cosmétiques et les projets de vie. La prise en charge doit conjuguer traitement dermatologique, contraception adaptée, prévention et alliance thérapeutique.
Pour en savoir plus (lien sur le reste de l’article)
L’acné est une pathologie dermatologique inflammatoire fréquente touchant les glandes sébacées sous l’effet endocrinien sexuel et le facteur IGF1, débutant donc à la puberté. La dysbiose cutanée (Cutibacterium acnes présent naturellement dans le microbiome de la peau devient surreprésenté au niveau du visage et/ou du tronc), influencée notamment par l’alimentation, entraîne une surproduction de sébum et une altération de sa composition. Les kératinocytes ne peuvent évacuer ce sébum qui forme alors des papules, des pustules et des comédons. Les formes d’acné, soumises aux aléas hormonaux de la vie des femmes, présenteront de fait des formes variées en fonction de leur période de vie.
Chez les adolescentes, cette pathologie visible impacte leur identité à une période de changements déjà importants et peut troubler leur estime de soi. Par ailleurs, l’ultraconnectivité aux réseaux sociaux majore la dysmorphobie et la cosmétoréxie (surconsommation des crèmes, maquillages, et autres cosmétiques). Ces applications multiples renforcent le comblement des pores et majorent souvent l’acné ; l’adolescente, en recherche d’une solution efficace et rapide, tente alors fréquemment tout un tas de soins auto-prescrits ou sur conseils des influenceurs, mais tout en ayant une observance médiocre dans l’application des topiques. Il convient de lutter contre la fausse croyance que le défaut d’hygiène aggrave la situation ainsi que la confusion entre cosmétiques et traitements médicamenteux.
Il est alors conseillé de leur demander de ramener en consultation l’ensemble des crèmes, savons et autres tentatives de solutions déjà testées. L’alliance thérapeutique conduit à ne pas juger mais à faire le tri entre ce qui est réellement efficace et ce qui n’aura aucun effet voire aura un effet négatif. Un conseil ajusté dans le choix des cosmétiques est alors possible : choix d’une base lavante sans savon pour préserver le biofilm cutané et l’hydratation de la peau (adaptée au type de peau – tendance sèche ou grasse), eau micellaire de démaquillage ou lait démaquillant (en rappelant le rinçage nécessaire des laits), maquillages non comédogènes, photoprotection adaptée et systématique. Il pourra aussi être proposé un arrêt du tabac et de rediscuter de son alimentation.
La société Française de Dermatologie propose un arbre décisionnel basé sur 5 grades de sévérité de l’acné. Le traitement topique de référence est le péroxyde de benzoyle ou des rétinoïdes locaux, seuls ou en association. En cas d’échec à 3 mois ou à partir du grade 2, une crème antibiotique y est adjointe. Il existe désormais des formulations combinant les deux, voire les trois molécules pour faciliter l’observance.
L'isotrétinoïne per os est à proposer aux formes sévères ou aux formes résistantes aux traitements de première intention – la primo-prescription étant réservée aux seuls dermatologues après une information sur les effets secondaires (sécheresse oculaire, troubles de l’humeur et surtout la tératogénicité certaine et inéluctable – IVG / IMG en cas de grossesse imposant la mise en place d’une contraception à maintenir au moins 3 semaines après l’arrêt). La contraception à haute efficacité clinique est préconisée comme les LARC, ou si recours à une pilule, l’association avec le préservatif est recommandée en systématique. Un test de grossesse mensuel est obligatoire. Les contraceptifs oestroprogestatifs, en l’absence de contre-indication, sont à privilégier pour leurs effets bénéfiques sur l’acné par un apport œstrogénique et/ou un effet anti androgénique (augmentation de la SHBG).
Chez les jeunes femmes, au-delà de 8 ans après la ménarche, d’autant plus si d’autres signes d’hyperandrogénie sont présents comme l’hirsutisme, ou si des cycles irréguliers sont décrits, un bilan est à réaliser à la recherche d’un syndrome métabolique ovarien poly endocrinien (SMOP, ex-SOPK) - Critères de Rotterdam incluant éventuellement une échographie en plus du bilan sanguin (sans recours à l’AMH qui ne doit pas être dosée avant 25 ans) et des éléments cliniques - ainsi que ses diagnostics différentiels (recherche d’un syndrome de Cushing par dosage urinaire du cortisol, dosage de 21 OH progestérone pour les formes non classiques de déficit en hydroxylase qui n’auraient pas été détectées en néonatal).
Le traitement par cyclines per os sera proposé facilement par une efficacité rapidement visible sous 3 mois en général. En seconde intention, la spironolactone 100 à 150mg peut être proposée. Elle sera débutée progressivement avec 50mg au départ. Il s’agit d’un diurétique épargneur de potassium avec une action anti androgénique importante par une forte augmentation de la SHBG. Elle inhibe les récepteurs aux androgènes cutanés (hors AMM dans l’acné). Sans action antigonadotrope, une contraception hormonale pourra y être associée, voire est recommandée pour éviter une féminisation des fœtus masculins exposés. Pour un effet visible plus rapide, il est possible de la débuter avec un traitement par cyclines initialement.
Après 25 ans, la persistance d’une acné primaire ou l’apparition d’une acné tardive ou récurrente, sur un terrain souvent familial, peut signer une hypersensibilité des récepteurs androgènes cutanés. Le bilan SMOP est alors négatif ; il n’y a généralement pas d’hyperandrogénie (élévation de la testostérone) malgré un hyperandrogénisme clinique (signes d’hyperandrogénie comme l’acné et l’hirsutisme). L’hyperséborrhée conduit à une excoriation des macules érythémateuses entraînant 50% de cicatrices résiduelles. Les boutons sont alors préférentiellement en bas du visage en U. L’impact sur la santé mentale est majoré tout comme la qualité de vie qui est décrite comme réduite par ces femmes.
Les traitements locaux sont mal supportés et peuvent favoriser les cicatrices – en dehors d’une nouvelle molécule anti androgénique dont une commercialisation est proche. Les cyclines sont efficaces mais l’acné récidive à l’arrêt. L'isotrétinoïne présente également un risque de récidive de 30%. Il convient donc d’adapter en premier lieu la contraception en tenant compte des choix personnels de la femme et de renouveler la cure d'isotrétinoïne. Si le dépistage d’un SMOP n’a pas été réalisé, il convient de le faire. La spironolactone sur une durée longue d’un à deux ans est alors proposée.
Les femmes enceintes sont sujettes à l’acné pour 50% d’entre elles, au cours du 2e et 3e trimestre. Les traitements cités (cyclines, isotrétinoïne, spironolactone) sont tous contre-indiqués. Les cyclines présentent un risque majeur de coloration permanente des dents de lait (dyschromie dentaire) par exemple. Le péroxyde de benzoyle en local est possible.
À la ménopause, une hyperandrogénie relative en lien avec baisse des œstrogènes peut conduire à une prévalence de l’acné autour de 15% - proportionnelle à une résistance à l’insuline sous-jacente. Il faut investiguer une éventuelle prise de gel de testostérone parfois proposée en traitement d’une baisse de libido et éliminer une pathologie organique ovarienne sous-jacente. Bien que moins séborrhéique, il sera possible de proposer l’ensemble des traitements. À noter qu’après 45 ans, la spironolactone nécessite un suivi biologique régulier. Le THM n’a pas d’efficacité sur l’acné.
Messages clés
▪ Chez l’adolescente, l’objectif est d’adapter les cosmétiques et le maquillage plutôt que de tout supprimer, afin de préserver l’alliance thérapeutique.
▪ Les traitements locaux constituent la première étape ; les traitements systémiques sont réservés aux échecs, récidives ou formes sévères.
▪ Grossesse, hyperandrogénisme clinique, contraception et ménopause imposent d’adapter la stratégie thérapeutique et la surveillance.
1
Question sur 2
a) Interdire tout maquillage
Mauvais réponse
Bonne réponse : B — Adapter les cosmétiques et privilégier des produits non comédogènes.
b) Adapter les cosmétiques et privilégier des produits non comédogènes
b) Adapter les cosmétiques et privilégier des produits non comédogènes
Bonne réponse : B — Adapter les cosmétiques et privilégier des produits non comédogènes.
c) Prescrire d’emblée un traitement systémique
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Adapter les cosmétiques et privilégier des produits non comédogènes.
d) Utiliser un savon antiseptique quotidien
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Adapter les cosmétiques et privilégier des produits non comédogènes.
a) Poursuivre l’isotrétinoïne à faible dose
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Vérifier l’arrêt des traitements systémiques contre-indiqués et privilégier les options locales compatibles.
b) Vérifier l’arrêt des traitements systémiques contre-indiqués et privilégier les options locales compatibles
b) Vérifier l’arrêt des traitements systémiques contre-indiqués et privilégier les options locales compatibles
Bonne réponse : B — Vérifier l’arrêt des traitements systémiques contre-indiqués et privilégier les options locales compatibles.
c) Débuter une spironolactone
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Vérifier l’arrêt des traitements systémiques contre-indiqués et privilégier les options locales compatibles.
d) Prescrire une cycline pendant trois mois
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Vérifier l’arrêt des traitements systémiques contre-indiqués et privilégier les options locales compatibles.
Intervenants : N. ESPIE (psychologue clinicienne, Paris) ; L. GASPARI-SULTAN (pédiatre, Montpellier) ; S. PÉRÈS PIERRON (dermatologue, Biarritz) ; A. RIAUX (dermatologue, Nantes) ; F. PARIS (endocrinologue pédiatrique, Montpellier)
Article rédigé par Nicolas DUTRIAUX, sage-femme libérale (Orthez).
Intro
Réseaux sociaux, cosmétiques, alimentation, pollution et santé mentale s’entrecroisent à l’adolescence. L’enjeu est d’ouvrir le dialogue sans jugement, d’identifier les vulnérabilités et d’accompagner des choix plus favorables à la santé.
Pour en savoir plus (lien sur le reste de l’article)
L’adolescence est un passage de l’enfance à l’âge adulte, étape de vie et révolution hormonale sociale sociétale psychologique soumis à de grands bouleversements majorés ces dernières années par de grands bouleversements sociaux et sociétaux (crise COVID, dérégulation climatique, contexte géopolitique complexe le tout sous la loupe des réseaux sociaux). Sans catégoriser ni généraliser, Me Espie a replacé ces éléments du point de vue de la psychologue à l’écoute des adolescentes en mal être qu’elle reçoit. Elle relève les marques d’anxiété générées par des contextes familiaux difficiles, les violences sexistes et sexuelles y compris à travers le prisme du cyber ou encore l’éco-anxiété plaçant ces adolescentes dans un sentiment d’impuissance majeure. Ce terrain devient propice aux prédateurs – agresseurs et influenceurs. Quand les adultes référents ne maintiennent pas le cap, la psychologie ou la psychiatrie doivent prendre le relai. Ainsi, entre 2017 et 2022, les gestes auto-infligés ont augmenté de 246% chez les adolescentes – plus stables chez les garçons qui externalisent leur mal être quand les jeunes femmes l’internalisent. Troubles alimentaires, dépression, phobie scolaire, troubles anxiodépressifs et addictions aux réseaux sociaux (avec leurs lots de cyberviolence et ses injonctions sur le physique et l’esthétique à travers les tutos allant jusqu’aux recettes sur comment se faire du mal pour se sentir vivant … jusqu’au tuto suicide). Les violences sexuelles restent sous-évaluées, pourtant elles se révèlent souvent dans les anamnèses quand la question est posée dans ces situations de mal être.
La psychologie rejoint la dermatologie lorsque la dysmorphobie est dirigée par des influenceuses et influenceurs qui prescrivent les produits de beauté sans préciser les dangers chimiques et les risques pour la santé qu’ils engendrent. Sous couvert de secrets de beauté, dès 8 – 10 ans à travers un marketing pleinement assumé de certaines marques, les pré-adolescentes se voient proposées rituels, crèmes antivieillissement, exfoliant et autres topiques miracles pouvant demander plusieurs heures chaque jour impactant leur sommeil : 6 à 10 produits, 21 substance, à appliquer dès 4h30 du matin ! Comme pour les autosoins pour lutter contre l’acné, l’alliance thérapeutique impose de ne pas rejeter en bloc ces « prescriptions » mais de proposer de les ramener en consultation pour étudier les compositions et faire comprendre les paradoxes entre santé – climat – et composition chimique de ces lotions. Il est ainsi possible, sans tout supprimer, de réduire progressivement les applications ou de les diriger ou rediriger vers des produits plus à même de convenir à une peau encore immature.
Pour rappel, les cosmétiques regroupent toutes les substances ou mélanges de substances en contact avec les parties superficielles du corps comme la peau et les muqueuses pour nettoyer, parfumer, modifier l’aspect, les protéger, les maintenir en bon état ou les corriger. La physiologie de la peau peut être expliquée : une barrière, un film hydrolipidique protecteur, un microbiote. Chez l’enfant et l’adolescent-e, la peau est plus fine, immature et fragile, avec une plus grande tendance à la déshydrations – l’hydratation de la peau est naturellement interne et non externe. Il y a alors un risque d’hypersensibilité accru, d’autant plus dans un contexte de modification hormonale active (plus de sébum, peau plus grasse, plus d’élastine, modification du microbiote, développement sudoripare, …). C’est aussi une occasion de rappeler les bons gestes photo-protecteurs avec leur attrait pour un environnement plus écologique comme levier. Au contraire, les vernis, faux-cils, faux-ongles, crèmes à composition rallongée, exfoliation etc. sont source d’allergie, d’acné induite, de dermatite sévère, de brûlure, de photosensibilité, … et de perturbateurs endocriniens (phtalates, parabènes etc.).
Sur le plan de l’alimentation, plusieurs publications ces derniers mois confirment le lien entre alimentation des adolescents et impact en santé adulte. Leurs besoins augmentent par une phase de croissance rapide tant physique que cognitive tout en ayant accès à une forme d’autonomie alimentaire plus grande mais pouvant être incomplètement libres : cantines – cafétarias – fast-food - … autant de sources où le choix alimentaire n’est pas forcément totalement autonome, au-delà des appétences et des envies. L’erreur majeure chez les adolescent-es est de sauter le petit déjeuner, ce qui favorise le grignotage avec des apports en sucres décuplés : une économie de 400kcal pour manger jusqu’à près de 1000 kcal pour compenser ! Les mauvaises habitudes adolescentes se prolongent chez les jeunes adultes.
L’éco-anxiété dirige les choix vers le végétarisme puis progressivement vers le végétalisme en rejetant les fruits et les légumes au profit des féculents (jusqu’à 8% des adolescentes). La fatigue exprimée en consultation est alors questionnée. Les diagnostics posés trop rapidement inclus souvent surmenage, infection virale comme la mononucléose, les ménorragies. Qu’en est-il des rituels beauté qui demande de se lever à 3 ou 4 heures du matin ? Qu’en est-il de la composition de l’assiette ? La sous-consommation de viande et de poisson ou d’œufs comme sources de protéines et de fer héminique (bien absorbé) au profit de sources végétales (fer non héminique peu ou pas absorbé au niveau intestinal) : pour un équivalent de 260g de produits carnés, il conviendrait de manger au moins 2kg de produits végétaux ! Les carences concomitantes retrouvées les plus fréquemment sont les vitamines du groupe B, DHA, iode à l’origine d’une perte des capacités cognitives. Cette fenêtre pubertaire est aussi l’âge de consolidation calcique pouvant impacter le squelette jusqu’à la santé aux pages avancés (ostéoporose de la femme ménopausée). Sur les 1200mg d’apports quotidien recommandés à ces jeunes âges, moins de 30% les consomment réellement. Pour couvrir ne serait-ce qu’un-tiers de ces besoins, la base alimentaire comprend un bol de lait et 2 yaourts couplés à 0,7 à 5 litres d’eau selon sa concentration en calcium ou plusieurs kilos de légumes !
Pour évaluer la base alimentaire des adolescentes, il est donc conseillé de poser une simple question ouverte comme « Raconte-moi ce que tu as mangé hier ? ». Dès 15 – 16 ans, un bilan et une correction par des apports de substituts peut devenir nécessaire. De même l’alliance thérapeutique amène à valider ans rejeter, en faisant le miroir de notre propre puberté et adolescence, en confirmant que c’est une étape que l’on a connue. C’est alors une fenêtre pour donner des repères compensateurs.
La pollution de l’air est déjà responsable de 1200 décès de moins de 18 ans (petits poids de naissance, asthme, infections respiratoires, allergies, maladies chroniques, …). Réduire les sources de pollution est donc une priorité en santé générale pédiatrique et don adulte : les pathologies cardiovasculaires et métaboliques comme l’hypertension et le diabète apparaissant de plus en plus tôt. Des publications commencent aussi à pointer les impacts sur le neurodéveloppement : défaut de concentration, de mémorisation, dysfonctions cérébrales et dysrégulations expliquant la multiplication des problématiques anxieuses et algiques.
Messages clés
▪ Les troubles anxieux, la pression sociale et les violences doivent être recherchés activement lorsque l’adolescente exprime un mal-être.
▪ Face aux routines cosmétiques complexes, l’alliance thérapeutique passe par l’analyse des produits et une réduction progressive plutôt que par l’interdiction globale.
▪ Une question alimentaire simple et ouverte peut aider à repérer les déséquilibres, carences et habitudes susceptibles d’affecter la santé immédiate et future
1
Question sur 2
a) 46 %
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — 246 %.
b) 146 %
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — 246 %.
c) 246 %
c) 246 %
Bonne réponse : C — 246 %.
d) 346 %
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — 246 %.
a) Interdire immédiatement tous les produits
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Analyser les produits avec elle et réduire progressivement les applications.
b) Lui proposer de rapporter ses produits pour les analyser et réduire progressivement les applications
Félicitation
Bonne réponse : B — Analyser les produits avec elle et réduire progressivement les applications.
c) Remplacer les produits par une crème anti-âge
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Analyser les produits avec elle et réduire progressivement les applications.
d) Ne pas aborder le sujet
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Analyser les produits avec elle et réduire progressivement les applications.
Intervenant : C. SULTAN (pédiatre endocrinologue, Montpellier)
Article rédigé par Nicolas DUTRIAUX, sage-femme libérale (Orthez).
Intro
Présent dans l’alimentation, les sols contaminés et le tabac, le cadmium s’accumule durablement dans l’organisme. Son impact sur la santé générale et reproductive impose surtout une prévention ciblée et une réduction des expositions.
Pour en savoir plus (lien sur le reste de l’article)
Le dosage récemment remboursé de ce polluant, faisant partie des métaux lourds, questionne devant une absence de traitement chélateur disponible en cas de résultat positif. Cette présentation a cependant été l’occasion de revoir les risques connus et suspectés ayant un impact sur la santé publique.
Le cadmium est en effet un des métaux les plus toxiques reconnu perturbateur endocrinien. Bien que présent à l’état naturel dans certaines régions, la source humaine principale provient de la diffusion d’engrais phosphatés. Il perdure alors plusieurs années dans les sols contaminés et est absorbé dans les végétaux cultivés pour la consommation humaine et animale – avec des contaminations en chaine. La base de notre alimentation céréalières et de féculents est donc une source majeure de contamination : pains, céréales complètes, pommes de terre, pâtes. Le chocolat noir est aussi un aliment fortement concentré. Il résiste à la chaleur et la cuisson n’a donc aucun impact sur sa dégradation. Il va alors s’accumuler dans les reins, le foie, les os et le pancréas. Selon L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) préconise une dose hebdomadaire tolérable de 2,5µg/ kg. Or, 10 à 30% de la population française serait déjà au-delà en 2019 ; les enfants sont encore plus susceptibles d’être fortement contaminés.
Les études scientifiques démontrent déjà, chez l’Homme, un lien entre ce polluant et les cas d’hypertension, les maladies rénales, l’ostéoporose, le diabète et certains cancers. Il est le principal suspect de l’explosion de cas de cancers du pancréas et de cas de plus en plus jeunes. Les modèles animaux utilisés dans les études d’impact permettent de constater une augmentation de la prolifération cellulaire avec une apoptose réduite et une baisse de la réparation de l’ADN. Ces trois clés sont une explication crédible de la physiopathologie des pathologies cancéreuses induites.
Il devient un nouveau suspect aussi des troubles de la reproduction. L’impact sur les ovaires et sur l’endomètre a été étudié sur des modèles animaux. Le cadmium entraîne une baisse des follicules, une baisse de la granulosa, freine l’ovulation et abaisse la synthèse des stéroïdes sexuels. Il diminue aussi le rétrocontrôle sur l’axe gonadotrope avec une baisse des gonadotrophine en réaction. Il pourrait donc expliquer les constatations actuelles chez la femme : baisse des réserves ovariennes, cycles irréguliers et autres troubles syndromiques comme le SMOP, insuffisance ovarienne précoce, infertilités, …
L’autre source de contamination majeure connue est le tabagisme. Comme il est difficile de réduire les sources alimentaires, encourager le sevrage tabagique est en revanche une clé de réduction des risques. Un dépistage doit pouvoir répondre normalement à une solution thérapeutique. Le remboursement obtenu récemment ne répond cependant pas à cette définition courante d’un dépistage pour qu’il soit généralisé. Bien qu’il soit donc possible de le prescrire, le clinicien ne sera que faire d’un résultat ni du risque d’anxiété légitime des patientes et patients soumis à ce dépistage sans réelle solution à leur apporter.
La HAS préconise le dosage pour les personnes résidant sur des sols identifiés comme pollués ou présentant une intoxication chronique. Il est alors remboursé par l'Assurance Maladie à hauteur de 60 % pour les patients éligibles. Le dosage est réalisé sur un prélèvement urinaire (cadmiurie) comparé à la créatinine urinaire, puis sanguin (cadmiémie) en seconde intention, si le premier test est au-delà des valeurs de référence. La cadmiémie n’a pas de valeurs de référence arrêtées, les fumeurs étant de fait avec des taux supérieurs aux non-fumeurs.
Valeurs de référence urinaires (selon l'âge)
0,30 µg/g créatinine pour les enfants (< 18 ans),
▪ 0,50 µg/g créatinine pour les adultes âgés de 18 à 40 ans,
▪ 0,70 µg/g créatinine, pour les hommes de plus de 40 ans,
▪ 1,2 µg/g créatinine, pour les femmes de plus de 40 ans (grade B)
En cas de résultats positifs, la HAS recommandent un second dosage puis un suivi à 6 – 12 mois avec une information de réduction des risques selon le logigramme suivant :
Messages clés
▪ L’alimentation et le tabagisme constituent les principales sources d’exposition au cadmium décrites dans la session.
▪ Le dosage est recommandé de manière ciblée : il ouvre surtout la voie à une surveillance et à des mesures de réduction des risques, en l’absence de traitement chélateur disponible.
▪ En cas d’exposition ou de dosage élevé, les mesures pratiques reposent notamment sur l’arrêt du tabac, la diversification alimentaire et la limitation de l’autoconsommation sur sols contaminés.
1
Question sur 2
a) Une cadmiémie seule
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Une cadmiurie rapportée à la créatinine urinaire.
b) Une cadmiurie rapportée à la créatinine urinaire
Félicitations
Bonne réponse : B — Une cadmiurie rapportée à la créatinine urinaire.
c) Une biopsie hépatique
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Une cadmiurie rapportée à la créatinine urinaire.
d) Un dosage salivaire
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Une cadmiurie rapportée à la créatinine urinaire.
a) Augmenter l’autoconsommation de légumes du jardin local
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Arrêter le tabac.
b) Arrêter le tabac
Félicitations
Bonne réponse : B — Arrêter le tabac.
c) Supprimer toute activité physique
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Arrêter le tabac.
d) Prendre systématiquement un traitement chélateur
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Arrêter le tabac.
Intervenants : F. PERROTTE (sage-femme formatrice, Île-de-France) ; A. CASSIAU-HAURIE (sage-femme, Bordeaux)
Article rédigé par Nicolas DUTRIAUX, sage-femme libérale (Orthez).
Intro
Né d’un constat d’inégalités d’accès aux soins gynécologiques, HANDIGYNECO combine formation, consultations adaptées, prévention des violences et ateliers sur la vie intime, relationnelle, affective et sexuelle. Son impact dépasse le seul champ du handicap.
Pour en savoir plus (lien sur le reste de l’article)
Malgré une salle très clairsemée, qui a interpellé les intervenants sur la place laissé aux différentes formes de handicaps pour les professionnels de santé, elles ont pris la parole dans le cadre du congrès Rencontres à Deux Mains organisés par Grazzia Sabtino, sage-femme à Marseille et elle-même référente Handigynéco en région Provence Alpes Côte d’Azur.
Initialement, l’étude HANDIGYNECO date de 2016. Il s’agissait de réaliser un état des lieux en Ile de France auprès des femmes en situation de handicaps, des professionnels de santé et des établissements médico-sociaux sur les accès aux soins en santé sexuelles et gynécologiques, les facilitateurs et les freins. Il en ressortait que 58% de femmes déclaraient un suivi gynécologique (versus 77% des femmes sans handicap) et un moindre recours aux dépistages organisés du cancer du col et du sein. La question sur les violences subies par le passé ou actuelles conduisait à conclure à une surexposition (4 femmes sur 5 en situation de handicaps déclarent des violences, jusqu’à 8 sur 10 chez les femmes présentant un trouble du spectre autistique). Ces données franciliennes laissaient entrevoir la situation nationale pour 6 millions de femmes en situation de handicap dont 80% sont invisibles, pour 12 millions de personnes handicapées en France. Où étaient-elles suivies ? En effet, les professionnels interrogés répondaient ne pas avoir de difficulté puisqu’une majorité déclarait tout simplement ne pas en rencontrer. La majorité des handicaps sont non moteurs, l’accessibilité des locaux, devenus obligatoires et malgré de nombreuses dérogations notamment à Paris, n’était pas une explication plausible. En établissements médico-sociaux, bien que des parcours de soins soient écrits, il s’est avéré qu’une majorité des femmes vivant en foyers d’accueil médicalisés (FAM) ou en maisons d’accueil spécialisées (MAS) avaient un frottis datant de plus de 3 ans (aux vues des recommandations en vigueur en 2016), et une majorité des femmes de 50 à 74 ans avaient une mammographie datant de plus de 2 ans. Malgré des lois et des circulaires en nombre, pour les femmes vivant en établissements médico-sociaux, l’accès aux soins gynécologiques restait donc difficile, nombre de règlements intérieurs interdisaient les relations sexuelles entre résidents malgré un droit à l’accès à une vie intime, relationnelle, affective et sexuelle (VIRAS) légalement possible. Autant pour les professionnels que pour les familles, tel un « Ange ou un Démon », la personne en situation de handicap, femme comme homme, est vue comme asexuée et donc asexuelle. Les représentations et les schémas de pensées semblent encore aujourd’hui tenaces. Les facteurs freinant l’accès aux soins au-delà du manque de professionnels de santé, il a été rapporté un manque de formation et une absence de rémunération en regard du temps plus long nécessaire à ces accueils.
À la suite, une expérimentation HANDIGYNECO EN PRATIQUE a été mise en place. Médecins et sages-femmes ont été sollicités dans une démarche « d’aller vers ». Les sages-femmes ont majoritairement répondu présentes. Une formation spécifique a alors été construite sur 3 jours pour former des sages-femmes libérales déjà rodées au suivi gynécologique préventif pour leur apporter les connaissances nécessaires aux spécificités des différents handicaps, le counseling ou approche centrée sur la personne, le repérage des violences et la VIRAS. Il a été ensuite mis en place dans une démarche « d’aller vers » par un appariement de ces sages-femmes avec les FAM et les MAS par des consultations longues de mise à jour du suivi gynécologique et de dépistage des violences, des ateliers VIRAS auprès des résidentes et des résidents (dans l’objectif là aussi de lutter contre les violences sexistes et sexuelles et d’informer sur les différentes formes de violences), ainsi qu’auprès des professionnels du médico-social pour les sensibiliser aux questions de la VIRAS en travaillant avec leurs propres représentations sur ces questions et sur ce qu’est ou n’est pas le suivi gynécologique pour toutes. Cette consultation spécifique d’une heure est majorée par un abondement via un financement de l’Agence Régionale de Santé de 52€ en plus des actes au tarif conventionnel. Il a aussi été reconnu une consultation dite « consultation blanche » lorsque l’examen n’était pas possible ou inadapté, ou non souhaité par la résidente. Cela a permis une reconnaissance du temps d’information et de rencontre avec séquences d’habituation aux soins. Soutenues et aidées par les équipes de professionnels des FAM et MAS, les sages-femmes ont ainsi pu permettre un accès aux soins pour quelques centaines de femmes en dépistant des pathologies gynécologiques et non gynécologiques passées inaperçues mais aussi en dépistant plusieurs formes de violences. Une des plus insidieuses a été la violence économique de certaines tutelles qui refusaient de donner l’argent nécessaire à l’achat de vêtements à des femmes ayant pris ou perdu de poids et qui devaient rester avec leurs vêtements devenus inadaptés à leur morphologie. Cela a aussi permis, grâce à la rencontre des deux mondes, à travers les ateliers rémunérés eux aussi, que sont le système de santé et le système médico-social, d’adapter des documents d’information en facile à lire et à comprendre (FALC) et autres pictogrammes ou tout autres moyens de communications spécifiques à chacun. Travailler sur les représentations de la sexualité en éludant qu’un rapport sexuel n’est pas qu’un rapport hétérosexuel en missionnaire, mais que c’est la prise en compte de la santé sexuelle au sens large dans une démarche inclusive et valorisant l’estime de soi.
À la suite de cette expérimentation francilienne initiale, la région Normandie puis la Région Bretagne ont étendu l’expérimentation avant une extension nationale depuis 2024. D’ici fin 2026, il est prévu une possibilité de bénéficier de cotations spécifiques pour les personnes bénéficiant d’un suivi médico-social en lien avec un handicap quel que soit leur lieu de vie. La prévention plus large, à travers les ateliers, n’est pas prévue par la Sécurité Sociale ; le dispositif HANDIGYNECO devrait donc se recentrer sur la formation et la poursuite de ces ateliers, tout en continuant à travailler en réseau avec les Handiconsultations, les centres Intim’Agir, les parcours Handiparentalité qui se déploient région par région sous l’impulsion des Agences Régionales de Santé.
En Nouvelle-Aquitaine, après les 3 jours de formation et une rencontre avec les 3 établissements qui lui sont proposés, Anaïs Casiau a pu débuter les accompagnements. Son témoignage démontre que les changements de posture professionnelle ont eu un impact auprès de toutes les patientes, y compris sans handicap, dans sa pratique quotidienne. En effet, au-delà de l’approche du handicap mental et cognitif qui est majoritaire auprès du public auquel elle intervient, elle a intégré plusieurs outils d’information auprès de ses patientes au cabinet. Elle a su adapter la rencontre et mieux comprendre les personnes rencontrées en favorisant la libération de la parole sur des sujets tabous comme la sexualité et les violences. Elle relève dans son expérience que répondre aux besoins exprimés et non exprimés offre un retour positif et dans le contexte du handicap un gain d’autonomie. Le fait d’être extérieure à la structure est un avantage reconnu par les résident-es se sentant plus libres de parler et de se livrer. Pour les professionnels, ils ont noté un questionnement plus large de leurs pratiques vis-à-vis des consentements à chaque étape des soins quotidiens. Ils ont pu discuter des sujets sensibles éludés en travaillant sur les représentations et en ouvrant le débat pour créer de nouveaux projets pour répondre au droit à une VIRAS au sein de leur structure.
Messages clés
▪ L’accès au suivi gynécologique et aux dépistages reste plus difficile pour les femmes en situation de handicap, avec une surexposition aux violences rapportée dans l’étude initiale.
▪ Le dispositif repose sur une démarche d’« aller vers », des consultations longues, des outils de communication adaptés et le respect du consentement à chaque étape.
▪ Les apprentissages issus de HANDIGYNECO améliorent aussi la posture professionnelle en consultation courante, au-delà du seul champ du handicap.
1
Question sur 2
a) 20 %
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — 50 %.
b) 50 %
Félicitations
Bonne réponse : B — 50 %.
c) 80 %
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — 50 %.
d) 100 %
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — 50 %.
a) Un droit pour toutes et tous
Félicitations
Bonne réponse : A — Un droit pour toutes et tous.
b) Un devoir imposé
Mauvaise réponse
Bonne réponse : A — Un droit pour toutes et tous.
c) Un interdit en situation de handicap
Mauvaise réponse
Bonne réponse : A — Un droit pour toutes et tous.
d) Un sujet réservé aux établissements médico-sociaux
Mauvaise réponse
Bonne réponse : A — Un droit pour toutes et tous.
Intervenant : V. GASC (psychopraticienne, Pau)
Article rédigé par Nicolas DUTRIAUX, sage-femme libérale (Orthez).
Intro
Écoute active, empathie, reformulation et respect du rythme de la personne sont au cœur du counseling. Cet outil, utilisé dans HANDIGYNECO, peut renforcer l’alliance thérapeutique et la qualité de l’accompagnement dans de nombreuses consultations.
Pour en savoir plus (lien sur le reste de l’article)
Le counseling ou approche centrée sur la personne a été développée par Carl Rogers (1902 – 1987), psychologue américain, pour des accompagnements individuels et collectifs. Il est utilisable dans de nombreuses situations, notamment en santé, et particulièrement en santé sexuelle.
Le counseling se veut au plus proche du Client ou ou de la Personne ou de l’écouté-e – Le terme patient est volontairement non choisi puisqu’il ne s’agit pas d’un soin mais d’une méthode d’écoute. Non dirigiste, il est basé sur une d’objectif, sans aucune attente ni pour l’écoutant, ni de l’écouté de la part de l’écoutant qui ne prodiguera pas de conseils ni de solutions et se gardera de toute interprétation. En revanche, cette approche conduit à une inscription des changements psychologiques qu’elle opère chez l’individu dans la durée. L’empathie est une des clés de l’accompagnement centré sur la personne ; selon Rogers, c’est la « capacité de percevoir avec justesse le cadre de référence interne d'une autre personne, ses émotions, ses pensées et ses vécus ». Pour cela, un climat propice à la confiance bordé de bienveillance est nécessaire : « porter un regard positif inconditionnel, dans une acceptation totale des cadres de référence de l’écouté, dans une atmosphère chaleureuse et non jugeant de l'autre tel qu'il est ». Ce qui est important pour l’écoutant, c’est l’écouté sans aucun enjeu de réussite ni d’échec. Ce cadre est applicable en consultation ou entretien individuel comme en groupe ; il a été utilisé auprès de nombreux cadres emplois et professions (enseignants, professionnels de santé, petites et grandes entreprises, …) en offrant notamment une clé dans la résolution de conflits.
Cette présence et le climat de confiance qu’il met en place permet l’instigation d’une alliance thérapeutique dans le cadre du soin, alliance d’autant plus nécessaire et à construire auprès des publics vulnérables. Rogers base cette tendance actualisante sur le concept que « tout organisme vivant tend vers une croissance ». La compréhension empathique ne renie pas mon propre point de vue, au contraire, il devient licite et nécessaire de le partager. La reformulation (sans mimer ni paraphraser), base de l’écoute et de l’accompagnement proposé, permet de relever la congruence (« l'alignement total entre ce qu'un individu ressent au niveau profond, dans son expérience organique, et ce dont il a conscience, ce qu'il exprime par ses paroles et ses actes ») ou les paradoxes de la non-congruence. Cette étape de reformulation, pouvant prendre plusieurs formes, permet de montrer l’intérêt porté à la parole des individus mais aussi de s’assurer de leurs bonnes compréhension ou de les amener à préciser ou reformuler eux-mêmes leurs paroles pour la rendre plus claire. En situation de handicap, la souplesse et l’adaptation nécessitent une étape supplémentaire dans ces techniques.
L’écoute complète passe également par le temps et l’observation du non-verball mais aussi des silences qui doivent être respectés. Cela permet de définir les contours du consentement réitéré, sans infantiliser, mais validé à chaque étape lors des soins techniques médicaux au cours de la phase d’entretien ou suivant celle-ci.
Dans le cas du dispositif HANDIGYNECO, cela permet de replacer le corps objet de soins quotidiens, ritualisés et répétés, comme une individualité reconnue qui a accès au droit à une vie intime, relationnelle, affective et sexuelle. Le professionnel accompagne le changement par, pour et à travers l’individu sans imposer. Les effets ainsi obtenus seront plus durables dans le temps. Le counselling rejoint ainsi un autre outil d’accompagnement qu’est l’entretien motivationnel proposé par la Haute Autorité de Santé dans la réalisation des bilans de prévention par exemple, ou dans certaines séquences des Educations Thérapeutiques du Patient.
Messages clés
▪ Le counseling est une approche centrée sur la personne qui vise à accompagner le changement sans imposer une solution.
▪ Empathie, regard positif inconditionnel, reformulation, observation du non-verbal et respect des silences structurent la relation d’écoute.
▪ Dans HANDIGYNECO, cette posture soutient le consentement réitéré et peut être transposée à de nombreuses situations de consultation.
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Question sur 2
a) Imposer le point de vue du professionnel
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Créer une alliance thérapeutique.
b) Créer une alliance thérapeutique
Félicitations
Bonne réponse : B — Créer une alliance thérapeutique.
c) Éviter les silences
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Créer une alliance thérapeutique.
d) Donner immédiatement une solution
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Créer une alliance thérapeutique.
a) Répéter mot pour mot
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — Exprimer ce que l’on a compris du verbal et du non-verbal afin de vérifier sa compréhension.
b) Interpréter à la place de la personne
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — Exprimer ce que l’on a compris du verbal et du non-verbal afin de vérifier sa compréhension.
c) Exprimer ce que l’on a compris du verbal et du non-verbal afin de vérifier sa compréhension
Félicitations
Bonne réponse : C — Exprimer ce que l’on a compris du verbal et du non-verbal afin de vérifier sa compréhension.
d) Combler tous les silences
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — Exprimer ce que l’on a compris du verbal et du non-verbal afin de vérifier sa compréhension.
Intervenant : C. EMBAREK (pédiatre, CH de Bayonne)
Article rédigé par Nicolas DUTRIAUX, sage-femme libérale (Orthez).
Intro
Le dépistage néonatal s’est considérablement élargi depuis le test de Guthrie. En 2026, les professionnels doivent maîtriser les nouvelles pathologies recherchées, les règles de prélèvement et les situations nécessitant un consentement parental.
Pour en savoir plus (lien sur le reste de l’article)
Le premier dépistage néonatal a été institué en 1972 avec le dépistage de la phénylcétonurie, un défaut d’assimilation d’un acide aminé, dont l’accumulation dans l’organisme, et notamment au niveau cérébral, était source de graves séquelles neurologiques et cognitives. Il s’agissait du test de Guthrie. Depuis les dépistages ont été élargi au fur et à mesure, regroupant désormais grâce à seulement 7 ronds de sang capillaire prélevés dans les 2 à 3 jours qui suivent la naissance jusqu’à 16 maladies métaboliques et endocriniennes. Le test de Guthrie est désormais son nom générique utilisé par les professionnels de santé bien qu’il ne concerne toujours qu’un seul de ces dépistages. En 2014, y a été aussi ajouté le dépistage de la surdité congénitale.
Entre 1972 et 2002, 4 maladies sont venues progressivement complétées le test de Guthrie pour le dépistage de phénylcétonurie : l’hypothyroïdie (dosage de la TSH néonatale, origine organique non génétique de la pathologie), l’hyperplasie des surrénales et le déficit génétique enzymatique qui perturbe la production de cortisol et d’aldostérone (dosage 17-OH progestérone), la mucoviscidose (dosage d’un marqueur, la trypsine immunoréactive ou TIR, puis si valeur à risque, dépistage génétique secondaire sur le même prélèvement), la drépanocytose pour les enfants dont la famille est originaire d’une zone endémique (analyse qualitative des différents types d'hémoglobines présents dans le sang du nouveau-né).
En 2020, le déficit en MCAD a été ajouté aux analyses déjà réalisées. Le dosage de cette enzyme est réalisé. Elle permet la transformation des corps gras à longues chaines en chaines moyennes, son défaut, maladie génétique, entraîne une carence massive énergétique en cas d’effort notamment.
En 2023, 7 maladies héréditaires du métabolisme ont été expérimentées puis ajoutées au dépistage. En 2024, le dépistage de la drépanocytose est étendu à l’ensemble des nouveau-nés. En 2025, le déficit combiné sévère et l’amyotrophie spinale ainsi que le déficit en VLCAD sont ajoutés. D’autres maladies, lysosomales (maladies génétiques qui mettent en défaut les mécanismes de recyclages cellulaires), sont en discussion et pourraient être dépistées précocement prochainement. Ces nouveaux dépistages ont été autorisés grâce au développement des techniques moléculaires permettant des dosages en masse et avec le développement de soins dédiés pour ces maladies. Comme les pathologies initialement recherchées, plus la prise en charge est précoce, meilleure est la qualité de vie avec de nombreuses complications qui peuvent être évitées.
Comme pour la phénylcétonurie, le déficit en MCAD et en VLCAD conduit à une pathologie de surcharge, couplée ici à un déficit énergétique dont les manifestations cliniques apparaissent plus ou moins rapidement en cas de période de jeun prolongé ou d’efforts chez les enfants, y compris précocement en période néonatale. La surcharge conduit à une intoxication avec les mêmes effets que la phénylcétonurie sur le plan neurologique et cognitif. Le traitement consiste, comme pour la phénylcétonurie, à proposer des laits spéciaux, des régimes hypoprotidiques et des mélanges spécifiques en acides aminés. Ce régime contrôlé en graisse, une alimentation régulière pour éviter les périodes de jeûnes prolongés et les adaptations au stress prévu (comme une chirurgie programmée) complète la prise en charge au long cours (programme d’accueil spécialisé individualisé en milieu scolaire etc.).
La mucoviscidose peut bénéficier parfois d’une alerte néonatale à travers un intestin hyperéchogène à l’échographie de dépistage du 2e ou du 3e trimestre. Les autres signes précoces sont non spécifiques comme un retard à l’émission du méconium ou un ictère précoce. Il n’y a pas de traitement proprement dit à la mucoviscidose mais la prise en charge précoce améliore grandement le pronostic des enfants, en particulier sur le plan pulmonaire.
Il en est de même pour la drépanocytose. Pour les formes homozygotes, une antibioprophylaxie au long cours permet d’éviter les crises en lien avec les infections du jeunes enfants, réduisant le risque d’anémie hémolytique et la vaso-occlusion périphérique.
L’amyotrophie spinale est une pathologie du moto neurone périphérique qui conduit à une paralysie généralisée. Il en existe 5 formes, de la plus sévère précoce, à des formes moindres retardées, pouvant n’être symptomatique qu’à l’âge adulte. Le type I, 60% des cas, est la forme la plus sévère avec des symptômes apparaissant avant 6 mois de vie et un décès par atteinte des muscles respiratoires avant 2 ans. Il existe désormais 3 traitements dont une thérapie génique en une seule injection. Cette maladie, dépistée par test génétique, demande l’autorisation parentale (signature au dos du carton de prélèvement) comme pour le dépistage génétique secondaire de la mucoviscidose.
Le déficit immunitaire combiné sévère est aussi de cause génétique (idem : consentement parental nécessaire). Ces « bébés bulle » sont désormais traitées par greffe de moelle osseuse, par thérapie génique ou par une substitution enzymatique. En attendant, les précautions mises en place précocement permettent d’éviter les complications infectieuses précoces : pasteurisation du lait maternel si mère CMV +, lieu de vie en secteur protégé jusqu’à la mise en place du traitement, pas de vaccination par vaccins vivants atténués.
Pour le dépistage de la surdité, les otoémissions ne devraient plus être utilisées au profit des potentiels évoqués qui testent aussi le défaut de transmission neurologique de l’ouïe. Toutes les maternités ne sont cependant pas encore équipées en PEA.
Messages clés
▪ Le prélèvement néonatal permet aujourd’hui de rechercher un nombre croissant de maladies métaboliques, endocriniennes, génétiques et hématologiques afin d’agir avant l’apparition de complications.
▪ La qualité du prélèvement et le respect des délais conditionnent la fiabilité du dépistage.
▪ Le consentement parental doit être recueilli pour les analyses génétiques qui le nécessitent, notamment pour certaines pathologies ciblées.
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Question sur 2
a) Dépister uniquement des maladies génétiques
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — Permettre une prise en charge précoce pour traiter ou améliorer le pronostic.
b) Guérir toutes les maladies dépistées
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — Permettre une prise en charge précoce pour traiter ou améliorer le pronostic.
c) Permettre une prise en charge précoce pour traiter ou améliorer le pronostic
Félicitations
Bonne réponse : C — Permettre une prise en charge précoce pour traiter ou améliorer le pronostic.
d) Remplacer le suivi pédiatrique
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — Permettre une prise en charge précoce pour traiter ou améliorer le pronostic.
a) Une thérapie génique systématique
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — Une prise en charge nutritionnelle et l’évitement des périodes de jeûne prolongé.
b) Un traitement antibiotique
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — Une prise en charge nutritionnelle et l’évitement des périodes de jeûne prolongé.
c) Une prise en charge nutritionnelle et l’évitement des périodes de jeûne prolongé
Félicitations
Bonne réponse : C — Une prise en charge nutritionnelle et l’évitement des périodes de jeûne prolongé.
d) Aucune mesure spécifique
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — Une prise en charge nutritionnelle et l’évitement des périodes de jeûne prolongé.
Intervenant : C. EMBAREK (pédiatre, CH de Bayonne)
Article rédigé par Nicolas DUTRIAUX, sage-femme libérale (Orthez).
Intro
Le syndrome d’alcoolisation fœtale complet ne résume pas l’ensemble des atteintes possibles. La prévention et le repérage doivent couvrir tout le continuum périnatal, de la période préconceptionnelle au suivi pédiatrique.
Pour en savoir plus (lien sur le reste de l’article)
Quand on évoque les situations d’alcoolisation fœtale, le syndrome complet vient à l’esprit. Pourtant, ce syndrome d’alcoolisation fœtal (SAF) complet est plus rare et recouvre aussi tout un panel de forme infraclinique qu’il convient de connaître pour mieux prévenir.
L’alcool est le seul psychoactif dont l’action tératogène est connue de longue date et documentée complètement. Le SAF concernerait 1 naissance sur 1000, le SAF complet ne représentant que qu’un 1% de ces situations. Il est donc ici de repérer précocement quelques 8000 naissances par an syndromique, sans compter les arrêts naturels de grossesse et les morts fœtales in utéro potentiellement en lien avec un ou plusieurs épisode(s) d’alcoolisation par la mère. La barrière placentaire n’a aucun effet de barrage et l’alcoolémie fœtale est donc rapidement identique à celle de la mère avant de la dépasser par une dilution moindre dans le compartiment fœtal couplé à une auto-intoxication en boucle : les urines fœtales contaminent le liquide amniotique ingurgité par le fœtus. Son système enzymatique hépatique en pleine maturation rend de plus l’élimination longue et fastidieuse. Il n’y a aucune période sans risque et tous les tissus sont la cible de la toxicité de l’alcool et de ses métabolites (foie, reins, os, cerveau, …), avec une action décrite désormais sur l’angiogenèse et donc source d’hypoxie tissulaire pouvant impacter 100% des tissus humains. Les périodes d’alcoolisation précoces, ou préconceptionnelles, pourraient aussi être impactées par des défauts de placentation. Cette donnée épigénétique concernerait aussi les hommes par épigénétique du spermatozoïde soumis à une imprégnation alcoolique chez le partenaire.
Les enquêtes relèvent que bien que 9 personnes sur 10 sachent qu’il ne faut pas boire d’alcool du tout pendant la grossesse, 15 à 30% pensent que cela est possible pendant l’allaitement, voire le recommande notamment par le recours à la bière pour améliorer la quantité et qualité du lait. L’enquête périnatale de 2021 et les enquêtes épidémiologiques dédiées retrouvent une consommation occasionnelle d’environ 10% des femmes enceintes et au moins 0,5% présente une consommation importante ou régulière dans un contexte sociétal et social où les Français baissent leur consommation quotidienne au profit d’épisode ponctuel d’alcoolisation massive. La règle du 0 alcool serait à préconiser chez les deux partenaires en projet de grossesse au moins 3 mois avant la conception.
Le SAF démontre une grande variabilité d’impact de nul à majeur également par une grande variabilité de sensibilité individuelle : déficit en vitamine A, en acide folique, en DHA, en zinc, … Le patrimoine génétique et épigénétique serait aussi influençant la sensibilité. Au-delà des éléments organiques qui peuvent se voir, le panel des troubles peut rester invisibles : défaut de morphogénèse des neurones, de leur migration, de l’organisation des synapses, etc. Cela explique les troubles neurodéveloppementaux et cognitifs parfois tardifs pouvant être liés à une consommation d’alcool pendant la grossessesse et/ou l’allaitement. Les conseils de quand boire avant pendant ou après la tétée ou de jeter le lait sur telle ou telle période, ne sont que des affirmations totalement empiriques et ne peuvent être basées sur des données scientifiques avérées. Retard psychomoteur, difficulté posturale, trouble cognitif, sensibilité aux substances psychoactives à l’adolescence et à l’âge adulte, pourraient trouver une part de leur étiologie dans ces consommations. Les quelques études au long cours sur des SAF « à minima » reconnus confirment une perte d’autonomie précoce, de la vie scolaire à l’âge adulte, des difficultés d’emploi au long cours, des difficultés judiciaires plus fréquentes, …
Le dépistage des consommations d’alcool pendant la grossessesse et/ou l’allaitement reste tabou et insuffisamment réalisé, ou énoncé par les patientes quand la question est posée. Le suivi de la vulnérabilité induite chez le nouveau-né s’en trouve ainsi impacté. Chaque étape du parcours de suivi est une réactivation possible des culpabilités chez la mère et/ou le père.
Messages clés
▪ Le spectre des troubles liés à l’exposition à l’alcool peut rester discret ou se révéler tardivement, notamment sur le plan neurodéveloppemental et cognitif.
▪ Le tabou autour de la consommation pendant la grossesse ou l’allaitement contribue au sous-repérage et peut retarder l’accompagnement des enfants concernés.
▪ La prévention repose sur un message simple : objectif zéro alcool pendant la grossesse, avec une sensibilisation la plus précoce possible dès le projet de grossesse.
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Question sur 2
a) Seul le SAF complet doit être recherché
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Les atteintes liées à l’alcool peuvent être infracliniques et se révéler progressivement.
b) Les atteintes liées à l’alcool peuvent être infracliniques et se révéler progressivement
Félicitation
Bonne réponse : B — Les atteintes liées à l’alcool peuvent être infracliniques et se révéler progressivement.
c) Le risque est limité au premier trimestre
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Les atteintes liées à l’alcool peuvent être infracliniques et se révéler progressivement.
d) L’allaitement rend l’exposition sans conséquence
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Les atteintes liées à l’alcool peuvent être infracliniques et se révéler progressivement.
a) Uniquement le premier trimestre
Mauvaise réponse
Bonne réponse : D — L’ensemble du continuum, du préconceptionnel à la période postnatale.
b) Uniquement les deuxième et troisième trimestres
Mauvaise réponse
Bonne réponse : D — L’ensemble du continuum, du préconceptionnel à la période postnatale.
c) Uniquement le post-partum
Mauvaise réponse
Bonne réponse : D — L’ensemble du continuum, du préconceptionnel à la période postnatale.
d) L’ensemble du continuum, du préconceptionnel à la période postnatale
Félicitation
Bonne réponse : D — L’ensemble du continuum, du préconceptionnel à la période postnatale.
Intervenantes : Ghada Hatem (gynécologue-obstétricienne, Saint-Denis) ; V. Perrotte (Maisons des femmes Restart) ; F. Bretelle (gynécologue, Marseille) ; P. Bouchet (gynécologue-obstétricienne et médecin légiste, Clermont-Ferrand) ; A. Roy (sage-femme, Clermont-Ferrand).
Article rédigé par Nicolas DUTRIAUX, sage-femme libérale (Orthez).
Intro
Nées à Saint-Denis, les Maisons des femmes développent une prise en charge coordonnée des victimes de violences. Leur déploiement national associe soins, accompagnement psychosocial, orientation judiciaire et partenariats de proximité.
Pour en savoir plus (lien sur le reste de l’article)
Après la projection de la bande annonce du film La maison des femmes sorti début 2026 retraçant l’histoire de ce lieu ressource, d’accueil et de prise en charge des femmes victimes de violence, les différentes intervenantes ont présenté leur histoire et l’évolution du modèle créé à Saint-Denis.
Le Dr Hatem, à travers son histoire, raconte l’histoire de la création du lieu emblématique original désormais décliné sur l’ensemble du territoire national et à Bruxelles. Après un exercice dans plusieurs maternités parisiennes et franciliennes, le Dr Hatem a pris la chefferie de service de la maternité de l’hôpital de Saint-Denis en Seine-Saint-Denis en 2010. Elle a alors été confrontée à un territoire où se côtoient plus d’une centaine de nationalités, en grande précarité, et où les violences faites aux femmes démultipliées du fait des nombreuses vulnérabilités qui touchent ces communautés (histoire de migration, traditions de l’excision – jusqu’à 14% des femmes qui accouchent dans cette maternité, précarité, handicaps, barrière de la langue, …). Le planning familial du centre hospitalier est une porte d’entrée majeure pour ces femmes en besoins de soins et d’accompagnement : 1/3 des interruptions volontaires de grossesse de l’établissement sont en lien avec des violences intraconjugales, avec des taux de demandes tardives supérieures aux moyennes nationales. Pour un généraliste de ville, c’est au moins 2 à 3 femmes victimes de violence par jour qu’il rencontre alors que 3 médecins sur 4 ignorent la situation malgré les alertes de comorbidité. Temps de consultation réduit, pression démographique d’un désert médical, suivi des conjoints en tant que médecin de famille, … Autant de causes à un besoin d’un appui extérieur pour dépister et accompagner ces victimes.
La maternité réhabilitée à neuf n’a pas pu apporter l’immobilier dont le planning familial aurait eu besoin pour assurer un accueil suffisant de toutes ces demandes. En repli, un terrain, ancien parking sauvage, a été choisi pour construire un nouveau bâtiment… charge aux responsables du pôle de trouver les financements. Région Ile de France, département de Seine-Saint-Denis, Communauté de communes, fonds privés pour parvenir à ouvrir le nouveau pôle en 2016 qui très vite va reprendre son rythme de croisière : 66 intervenants, 90 femmes vues par jour, 4200 par an, 17 000 consultations annuelles. Les équipes, en liaison avec la Protection Maternelle et Infantile, identifient les mécanismes du psychotraumatisme lié aux violences qui se conjuguent avec la honte, la culpabilité, la peur des suites, de ne pas être crue, de l’isolement, etc. Pour les femmes excisées en demande d’une reconstruction autant physique que psychique, les médecins se forment. Assez rapidement, il est mis en évidence le besoin de travail en réseau avec le commissariat local, les services sociaux, la Justice et qu’il devient nécessaire de réunir tous ces acteurs dans ce lieu unique de réponses à tous ces besoins en santé, sociaux, éducatifs, en accompagnement psychologique.
C’est ainsi que le planning hospitalier se développe sous un format associatif entre 2017 et 2019, permettant une intégration de fonds privés pour développer les projets et agrandir l’espace d’accueil. Aujourd’hui, ce sont trois parcours qui sont identifiés
Mutilations Sexuelles Féminines (MSF) : excision, infundibulation, autres mutilations à « minima » comme une excision mentale, mariage forcé, aides aux parcours administratifs migratoires : réunions pluriprofessionnelles de coordination, , groupes de paroles pour les femmes victimes, séances de Vie Intime Affective et Sexuelle pour les couples néo-arrivés, …
Violences conjugales intrafamiliales : prise en soins des violences sexuelles, physiques, psychiques, économiques, administratifs, de femmes généralement sous emprise et en état de stress post-traumatique.
Planification familiale et orthogénie avec un lien avec le diagnostic anténatal pour les situations de demandes hors-délai (interruption médicale de grossesse pour contextes psycho-sociaux).
L’association Maison des femmes (MDF) déploie le programme CORALIS (Centre orientation de recherche et d’assistance légale face aux infractions sexuelles) à travers une convention avec le procureur pour conservation des preuves médico-légales y compris les éléments médicaux issus des interruptions de grossesse ainsi que tous les éléments biologiques et éléments de constations permettant un dépôt de plainte à postériori, beaucoup de femmes y renonçant lors de la consultation initiale. Elle devient un centre de référence en premiers secours en santé sexuelle, apportant son expertise à travers les conseils sur la gestion post-viols pour les femmes, les services de police et de gendarmerie, de la Justice, … Quand des enfants sont identifiés comme co-victimes des emprises conjugales et des diverses violences intrafamiliales, leur prise en charge peut être amorcée avant un relai par les centres médico-psychologiques aux délais d’accueil prolongé. C’est alors l’occasion de mettre à jour leur suivi médical, les vaccinations, etc. Pour les femmes, ce sont de nombreuses activités et ateliers permettant de retrouver l’estime de soi et de se reconstruire après les situations vécues qui sont prises en charge par l’association : soins psychocorporels, kinésithérapie, ostéopathie, psychomotricité, et autres approches complémentaires en santé, des groupes de paroles, …
À l’issue du Grenelle contre les Violences faites aux femmes de 2019, conduit par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la traite des êtres humains (MIPROF), la Maison des Femmes de Saint-Denis de 2017, devient Maisons des Femmes Restart en 2021 pour permettre sa duplication nationale (déjà proposé par un rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales en 2017). Les levées de fonds, en particulier auprès de donateurs privés comme des fondations et de grands groupes entrepreneuriaux, permettent d’accompagner les projets départementaux dans toute la France. La base initiale doit rester une entité hospitalière, le cahier des charges prévoit un pôle de soins intégrés et plusieurs éléments pour pouvoir rejoindre le Collectif ainsi formé ; d’autres structures Maisons des femmes ou sous d’autres appellations peuvent exister mais leurs fonctionnements ne leur permettent pas toujours d’être intégré au Collectif. Aujourd’hui, ce sont 34 déclinaisons en France métropolitaine et 6 en projet, en plus de celle ouverte à Bruxelles. Maisons des Femmes Restart assure une consolidation et un soutien modèle : charte des bonnes pratiques médicales, mutualisation et harmonisation des pratiques, retour d’expériences des différents terrains, projets de recherche pour des plaidoyers et études d’impact communes, … L’intégration au Collectif sous-tend que le financement de base de fonctionnement soit assuré par Les missions d'intérêt général (MIG) validés par les Agences Régionales de Santé.
Une de ces duplications présentée est le modèle marseillais – qui se distingue comme une initiative de création par la MDF de Saint-Denis alors que les autres sont des initiatives locales qui demandent à rejoindre le collectif. Elle répond évidemment au critère d’un guichet unique, adossé à un établissement de santé référent sur le territoire, et elle propose plusieurs parcours : violences – femmes enceintes - inceste – MSF – santé publique prévention éducation (« aller vers » par une participation à des festivals et autres rassemblements publics). En 2025 1376 femmes ont pris contact, 980 consultations ont été réalisées, 585 femmes ont été prises en charge dans le parcours inceste. La MDF Marseille a également innové par une équipe « aller vers » élargie aux femmes elles-mêmes, spécifiquement formées à l’université Aix Marseille pour devenir des relais dans les quartiers prioritaires. Ces deux Maisons des Femmes partent régulièrement au Sénégal, dans le cadre d’un partenariat, pour former les équipes sur place aux reconstructions des MSF.
À Clermont-Ferrand, la modélisation récente a été réalisée à partir des services de victimologie et de l’Unité d’Accueil Pédiatrique (UNAPED). Étant donné son implantation en milieu rural, elle souhaite décliner les prises en soins au plus près des lieux de vie en développant des partenariats avec les libéraux et des antennes départementales en cours de développement. Les soins vers les enfants victimes, en prévention d’un basculement vers le rôle d’auteur de violences, est particulièrement mis en avant. C’est déjà un lieu reconnu de formation des futurs médecins (gynécologues, généralistes, légistes), sages-femmes, assistant-es sociaux, policiers et gendarmes, magistrats. Elle propose aussi une aide aux professionnels libéraux par une relecture des certificats médicaux. La recherche dans l’ADN de ce CHU est aussi au cœur de cette MDF.
Messages clés
▪ D’une initiative locale à Saint-Denis est né un réseau national de prise en charge des femmes victimes de violences.
▪ Le collectif Maisons des femmes Restart soutient le déploiement des structures et favorise l’harmonisation des pratiques.
▪ L’intégration au collectif suppose de respecter un cahier des charges commun, tout en adaptant les parcours aux besoins locaux.
1
Question sur 2
a) En 2016
Félicitation
Bonne réponse : A — En 2016.
b) En 2017
Mauvaise réponse
Bonne réponse : A — En 2016.
c) En 2019
Mauvaise réponse
Bonne réponse : A — En 2016.
d) En 2024
Mauvaise réponse
Bonne réponse : A — En 2016.
a) Porter simplement le nom « Maison des femmes »
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Respecter un cahier des charges commun et une organisation coordonnée.
b) Respecter un cahier des charges commun et une organisation coordonnée
Félicitations
Bonne réponse : B — Respecter un cahier des charges commun et une organisation coordonnée.
c) Proposer partout des parcours strictement identiques
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Respecter un cahier des charges commun et une organisation coordonnée.
d) Accueillir uniquement les femmes enceintes
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Respecter un cahier des charges commun et une organisation coordonnée.
Intervenants : A. Le Tohic (gynécologue-obstétricien, Versailles) ; S. Champagne Loiseau (gynécologue-obstétricienne, Clermont-Ferrand) ; A. Vidart (urologue, Paris).
Article rédigé par Nicolas DUTRIAUX, sage-femme libérale (Orthez).
Intro
Les recommandations récentes sur l’incontinence urinaire d’effort privilégient l’évaluation clinique, la rééducation pelvi-périnéale et les dispositifs de soutien. La chirurgie se discute lorsque les approches conservatrices ne suffisent pas.
Pour en savoir plus (lien sur le reste de l’article)
En 2025, l’Association Française d’Urologie a proposé une mise à jour des recommandations de dépistage, diagnostic et prise en charge de l’incontinence urinaire d’effort chez les femmes. Les présentations de cette session d’INFOGYN 2026 ont permis de diffuser ces données actualisées.
Le dépistage de l‘incontinence urinaire entre dans le cadre du suivi des femmes au décours des consultations tant en médecine générale qu’en gynécologie. La continence est désormais un des critères du programme ICOPE (défini par l’Organisation Mondiale de la Santé pour repérer les vulnérabilités chez les plus de 60 ans). Les bilans de préventions aux âges clés de la vie sont donc un moment clé pour interroger les femmes sur ce sujet souvent tabou ou vécu comme « normal » face à des publicités qui véhiculent cette information erronée, notamment celles présentant des produits de protections intimes. L’anamnèse détaillée sera appuyée par le recours à des questionnaires validés, sous forme d’un auto-questionnaire (remplissage par la patiente) ou d’un hétéro-questionnaire (le praticien pose les questions) tel l’Urinary Symptom Profile ou USP et en interrogeant l’impact sur la qualité de vie, les évictions sociales éventuelles, le recul des activités de loisirs. Un calendrier mictionnel sur au moins trois jours est à proposer. Au-delà d’être un outil diagnostic, il servira de base à une thérapie cognitivo-comportementale ou TCC dans la prise en charge rééducative qui comprend des éléments de gestion des « mauvaises habitudes » une fois qu’elles sont repérées, comme la « compétition au débit » (Valsalva ou pousser pour uriner plus vite). Cette base éducationnelle s’appuie sur les règles hygiéno-diététiques courantes (hydratation, repère d’un nombre de mictions quotidiennes d’environ 6 à 8 par jour et +/- une nocturne, allègement pondéral, arrêt du tabac, correction des constipations fréquemment sous-jacentes …). Un examen clinique, comprenant un test à la toux avec et sans soutènement urétéral, ainsi qu’une évaluation du résidu mictionnel (mesure vésicale avant et après la miction par échographie ou par le recours à un appareil de mesure type Bladderscan). Il est admis qu’un résidu inférieur à 50 mL chez l'adulte est normal, si bien toléré, il est acceptable jusqu'à 100 mL chez les personnes de plus de 65 ans. Au-delà de ces seuils repères, il est à considérer comme pathologique. Une bandelette urinaire reste aussi recommandée au décours de l’évaluation clinique : infection urinaire, cystite interstitielle ou hématurie peuvent ainsi être dépistés. Enfin, le bilan urodynamique n’est plus indiqué – du moins par sur une évaluation initiale. Le seul élément pouvant avoir un intérêt mineur est la réalisation d’une débitmétrie pour mettre en évidence une éventuelle dysurie ou une manœuvre de Valsalva (poussée lors de la miction). Ces deux derniers éléments, débitmétrie et mesure du résidu mictionnel, sont obligatoires avant toute chirurgie.
La base du traitement est la rééducation pelvi-périnéale par exercices de renforcement musculaire (Kegel) du plancher pelvien, constituent le traitement de référence non invasif de première intention dans une approche multimodale, intégrant a minima une base de TCC (travail postural, synchronisation respiratoire, repérage et correction des « mauvaises habitudes », …). La rééducation s’adaptera aux ressentis des femmes quant aux techniques proposées (manuel, biofeedback, électrostimulation pour les trois principales techniques).
En complément, en relais ou de manière transitoire le temps d’instituer la rééducation et d’en constater ses effets, il est recommandé de proposer le recours à un soutien mécanique comme les pessaires vaginaux, désormais remboursés dans cette indication avec ou sans prolapsus. Dans le cas d’une cystocèle, sa mise en place peut amener à mettre en évidence une incontinence urinaire d’effort masquée par le prolapsus de la vessie. Cette information doit être faite lors de la proposition du pessaire et les tests des modèles devront éventuellement amener à changer le modèle pour un proposant un soutènement urétral complémentaire avant la prescription définitive. Une fois le modèle choisi par sa forme et sa taille, la prescription pourra être réalisée accompagnée d’un temps d’éducation thérapeutique à sa prise en main par la patiente si elle souhaite être autonome dans sa gestion quotidienne. Sinon, un rendez-vous de suivi à 6 semaines puis à 3 mois peuvent être proposés. La fréquence du suivi dépendra ensuite du besoin de la femme et sera programmé à sa convenance.
En cas de résidus mictionnels importants, des auto-sondages peuvent être envisagés mais leur observance est souvent médiocre, en dehors des situations où ils sont indispensables comme dans le cas de vessie neurologique.
La rééducation à domicile par appareils achetés (remboursés) est plutôt indiquée en cas d’hyperactivité vésicale (stimulation tibiale postérieure 5 à 7 jours sur 7 sur au moins 3 mois). Les conditions de remboursement de ces appareils ont été requestionnées. La Liste des Produits et Prestations (LPP) remboursables indiquent toujours qu’un bilan urodynamique soit nécessaire au préalable ; toutefois les recommandations étant de ne plus le proposer sauf en cas de chirurgie envisagée, il semble qu’une tolérance soit de plus en plus effective par les Caisses d’Assurance Maladie. Toutefois, il convient d’être précautionneux dans ses prescriptions en cas de contrôle.
Les recommandations placent la chirurgie en seconde ou troisième intention en rappelant que les mauvaises tolérances des bandelettes sous urétrales (BSU), en dehors de certains dispositifs désormais retirés du marché, sont principalement un problème de techniques de pose et non de matériel en lui-même. La technique de pose actuelle de référence est une pose rétro-pubienne (TVT) et non plus par une technique trans-obturatrice (TOT). En substitution, il est envisageable de proposer un agent de comblement urétral moins invasif mais pouvant nécessiter une réitération des injections. Le Bulkamid® est un hydrogel composé de 97,5 % d'eau et de 2,5 % de polyacrylamide réticulé.
Les autres techniques ne peuvent intégrer des recommandations par un défaut de littérature suffisante et avec une analyse qui est souvent faussée par une rééducation conjointe sur des petites séries de patientes sans annoncer le détail des protocoles suivis. Cela est particulièrement le cas comme la radiofréquence qui s’intègre à un processus rééducatif global. A ce jour, elle n’a pas été testée seule ni comparée seule versus rééducation seule ; il n’existe pas plus d’étude rééducation seule versus rééducation assistée par la radiofréquence – rééducation qui devrait être identique dans ses approches et protocoles pour pouvoir comparer les groupes. Les recommandations ne peuvent donc que les présenter comme une voie de recherche ou en 3ème intention après échec des prises en charge recommandées que sont la rééducation et le pessaire.
Quand adresser au médecin urologue ? L’adressage doit être au plus rapide si l’incontinence est d’apparition récente sans installation progressive et associée à une perte de poids, en cas d’hématurie répétée ou d’infections urinaires récidivantes. De même, après une rééducation périnéale globale bien menée sans amélioration ou en cas de réapparition des incontinences, l’avis chirurgical de l’urologue est à rechercher. En cas de prolapsus associé, la chirurgie ne doit pas gérer les deux sur un même temps opératoire. La priorité est donnée à la gêne principale perçue par la patiente. Le courrier d’adressage doit être le plus circonstancié possible : retentissement chiffré (copie du calendrier mictionnel avant – après rééducation, ce qui a déjà été fait, les résultats des examens cliniques et paracliniques déjà réalisés, et en conclusion ce qu’attend prioritairement la patiente pour gagner en qualité de vie.
Messages clés
▪ L’évaluation initiale repose sur l’interrogatoire, les questionnaires validés, le calendrier mictionnel et l’examen clinique ; le bilan urodynamique n’est pas systématique.
▪ La rééducation pelvi-périnéale et les mesures comportementales constituent la première ligne de prise en charge ; un pessaire peut être proposé selon la situation.
▪ La chirurgie est envisagée après évaluation spécialisée lorsque les mesures conservatrices sont insuffisantes.
1
Question sur 2
a) Un calendrier mictionnel
Félicitations
Bonne réponse : A — Un calendrier mictionnel.
b) Un bilan urodynamique systématique
Mauvaise réponse
Bonne réponse : A — Un calendrier mictionnel.
c) Une IRM pelvienne systématique
Mauvaise réponse
Bonne réponse : A — Un calendrier mictionnel.
d) Une cystoscopie systématique
Mauvaise réponse
Bonne réponse : A — Un calendrier mictionnel.
a) Proposer d’emblée une chirurgie
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Proposer une rééducation pelvi-périnéale et discuter les mesures conservatrices.
b) Proposer une rééducation pelvi-périnéale et discuter les mesures conservatrices
Félicitations
Bonne réponse : B — Proposer une rééducation pelvi-périnéale et discuter les mesures conservatrices.
c) Prescrire systématiquement des antibiotiques
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Proposer une rééducation pelvi-périnéale et discuter les mesures conservatrices.
d) Ne rien proposer
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Proposer une rééducation pelvi-périnéale et discuter les mesures conservatrices.
Intervenante : Dre Carole Maître (gynécologue, INSEP, Paris).
Article rédigé par Nicolas DUTRIAUX, sage-femme libérale (Orthez).
Intro
La périménopause peut modifier la récupération, la masse musculaire, le sommeil et le confort pelvi-périnéal. Adapter l’entraînement, la nutrition et le suivi médical aide à maintenir une activité physique bénéfique à tous les niveaux de pratique.
Pour en savoir plus (lien sur le reste de l’article)
Il est toujours plaisant d’écouter les présentations du Dre Carole Maître qui partage son expérience de terrain auprès des sportives de haut niveau engagées professionnellement à l’INSEP. Au cours de cette session, c’est la période de périménopause qui a été discutée. L’adaptation de l’accompagnement médical des sportives de haut niveau amène à pouvoir décliner conseils et prises en charge auprès des femmes pratiquant ou souhaitant pratiquer une activité physique et sportive de loisir.
À cette période de la vie des femmes, c’est bien entendu le terrain hypo-œstrogénique qui prévaut. Au-delà des éléments connus dans notre quotidien de clinicien en termes de troubles du climatère, douleurs articulaires et impact cognitif, il s’agit aussi, du point de vue de la sportive de haut niveau comme en pratique de loisir, d’envisager la perte de masse musculaire (sarcopénie), la désorganisation du collagène (risques pelvi-périnéaux regroupant fuites à l’effort et prolapsus, associé ou non à d’autres éléments du syndrome génito-urinaire de la ménopause), perte de masse osseuse (ostéopénie, particulièrement si la pratique intensive n’est ni à impact ni en charge comme le vélo par exemple). La baisse également associée de la progestérone influence aussi conjointement la baisse des neurotransmetteurs. L’ensemble conduit à une perte des effets cardioprotecteurs, une prise de poids, des troubles musculosquelettiques (TMS), des troubles du sommeil. Cela est d’autant plus marqué, que la plupart des disciplines au-delà de 30 ans sont poursuivies avec une activité professionnelle principale en parallèle, et une vie de famille.
Bien évidemment, toutes ces dégradations fonctionnelles cumulées auront un impact sur les performances sportives. Avec l’âge qui avance, il faut aussi prendre en compte une récupération musculaire plus lente, un métabolisme modifié tout comme la thermorégulation et le sommeil qui évoluent naturellement également. Les études existantes ont principalement été réalisées auprès de femmes haltérophiles. Il est démontré qu’un score d’évaluation des symptômes ménopausiques comme celui de GREEN est corrélé de manière négative avec les résultats sportifs en cas de scores élevés (et donc une multitude de symptômes déclarés).
Le suivi médical s’attachera donc à corriger les symptômes, en envisageant si possible un traitement substitutif (non apparenté à un dopage chez la grande sportive), en proposant une rééducation pelvi-périnéale, ainsi que toute approche médicamenteuse et non médicamenteuse validée pour compenser tel ou tel signe. En ce qui concerne la pratique en elle-même, comme après une grossesse dans le temps du post-partum, il faudra :
Adapter le temps des séances d’une durée plus courte,
Majorer les renforcements musculaires 2 à 3 fois par semaine en augmentant l’intensité puis l’endurance à impact,
Proposer une récupération active avec des routines de gymnastique douce, du Pilates, du Yoga, ou toute autre activité physique modérée à légère (qui ne modifie que peu ou pas le rythme cardiaque et la fréquence respiratoire),
Adapter les temps de sommeil en se rapprochant d’un rythme naturel individualisé (notre rythme = le rythme spontané de veille – sommeil après 3 semaines de congés),
Adapter la nutrition avec un apport protéique, calcique et vitaminique (vitamine D) ajusté aux réels besoins tout en maintenant une hydratation suffisante au cours et en dehors des activités sportives.
Tous ces conseils peuvent être transmis facilement en consultation et le plus précocement possible, dès les bilans d’entrée en ménopause ou les bilans de prévention 45 – 50 ans. Ces repères proportionnés au sport de haut niveau sont tout à fait transposables à toutes les femmes qui pratiquent ou souhaitent débuter une activité sportive.
Messages clés
▪ L’activité physique régulière reste un levier majeur de santé pendant la périménopause et après la ménopause.
▪ L’entraînement peut être adapté grâce au renforcement musculaire, à la récupération et à une attention portée au sommeil et à la nutrition.
▪ Les conseils issus du sport de haut niveau peuvent être transposés, en les individualisant, à la pratique de loisir.
1
Question sur 2
a) La course à pied
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — Le vélo.
b) Le football
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — Le vélo.
c) Le vélo
Félicitations
Bonne réponse : C — Le vélo.
d) Le saut à la corde
Mauvaise réponse
Bonne réponse : C — Le vélo.
a) Arrêter le renforcement musculaire
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Adapter l’intensité, la récupération et les apports nutritionnels.
b) Adapter l’intensité, la récupération et les apports nutritionnels
Félicitations
Bonne réponse : B — Adapter l’intensité, la récupération et les apports nutritionnels.
c) Réduire systématiquement l’activité de moitié
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Adapter l’intensité, la récupération et les apports nutritionnels.
d) Éviter toute activité avec mise en charge
Mauvaise réponse
Bonne réponse : B — Adapter l’intensité, la récupération et les apports nutritionnels.
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